mardi 15 septembre 2026

Au coeur du monde (3)


8,3 milliards de nombrilistes.

Environ 100 km d’épaisseur… Répartie inégalement. C’est l’épaisseur de la couche atmosphérique qui nous entoure. Plus on monte et moins on respire… Cette atmosphère contient à peu près 21% d’un gaz assez agressif qui pourtant nous permet de vivre : l’oxygène!
Notre copine la Lune n’a pas cette chance, sans atmosphère, ses températures varient entre -160° la nuit et +130° le jour, pas confortable du tout. Ce sont nos très vieux potes les cyanobactéries au matin du monde, en se gargarisant de dioxyde de carbone et en rejetant de l’oxygène (pour eux, c’est beurk! ) qui nous ont sauvé la mise… Merci les organismes primordiaux, en échange, nous on massacre allègrement notre environnement en chantant : “On va tous crever, mais joyeusement!”
On se la raconte, nous, les 8,3 milliards de nombrilistes. On oublie que sans notre technologie, nous ne sommes rien. On vient au monde sans poils (ou très peu… ça dépend), sans griffes et sans dents, on met des mois à savoir marcher et on met seize ans à articuler correctement (pour dire Wesh! j’ai le seum frère!).
Donc, si vous vous croyez de la race des géants, il suffit de citer seulement deux caractéristiques de nos voisins, les autres créatures vivantes, parmi des milliers d’autres:
Le martinet noir (qui ne pèse que quelques grammes…) peut voler continuellement pendant plusieurs mois car il possède la faculté de faire des siestes de quelques secondes…
Les cousines abeilles (maltraitées comme c’est pas permis) se rassemblent en “grappes” hivernales pour maintenir la température de la ruche à 25°… - et oui, en restant solidaires on survit, les gens…
Alors, fermez bien vos boîtes à Camembert! Et rester conscient que vous êtes, en permanence, au cœur du monde.

😉



 

mercredi 9 septembre 2026

Au coeur du monde (2)

 



Les pagayeurs du ciel…


Revoilà les ciels tourmentés qui rendraient fous les plus créatifs des aquarellistes. J’avoue qu’ils nous manquaient un peu…

Plus d’air chaud qui monte… Ici, l'ascenseur  climatique est en maintenance jusqu’au prochain été. Les rapaces rejoignent d’autres lieux histoire de pouvoir  continuer à planer inlassablement,  montant dans ce que nomment les météorologues, les bulles de convection. Chasseurs mais économes de gestes inutiles, sans un battement d’ailes jusqu’à ne plus être qu’un point minuscule dans le soleil.

Disparus les bêtes d’orage car les blés sont coupés depuis longtemps. Bêtes d’orage,  joli nom poétique. Bêtes d’orage, Gewittertierchen…  Frêle créature qui se donne des airs Wagnériens, Outre-Rhin…  Nous pensons qu’elles volent, mais il n’en est rien. Notre air possède pour ces minuscules bestioles la densité de l’eau, elles ne possèdent pas d’ailes mais des franges aux pattes tel Hugues Aufray en concert. Elles rament à travers l’éther, ce sont des pagayeurs du ciel…

Les petits matins gardent la fraîcheur retrouvée de la nuit, l’air ne retient plus l’eau qui s’échappe. La nuit fait de nouveau pipi au lit de la rivière… Voilà qu’arrivent les matinées de rosée qui mouillent les pieds mais rafraîchissent la tête.

Mon ami le pinson change de registre, il ne pousse plus ses “Francesco Mio”, il se contente de gazouiller légèrement histoire de ne pas déranger les feuilles qui commencent à tomber… Quelques courbatures nocturnes qui persistent pendant le premier café me signalent gentiment que madame Automne frappe déjà  à nos portes, l’arrière-saison de cet hémisphère et mon personnel Automne car nous restons à jamais, au cœur du monde…


#nature #saisons #insectes #Météo #saison #climat





jeudi 3 septembre 2026

Au cœur du monde (1)

Pluie...

Un été se termine. L'herbe des chemins se régénère et pouvoir contempler l'émeraude des plantes s'étaler de nouveau partout est un vrai bonheur.
Et même si l'on ne prêche que les convaincus, comment ne pas être inquiet de constater les souffrances de la nature? Et ces souffrances sont les nôtres puisque nous sommes aussi la nature.
Le décor nous est si familier que nous ne sommes plus capables d'éprouver la moindre curiosité sur le fait d'être une partie de cette fantastique machine qu'est Gaïa…
Pourquoi à l'automne les feuilles changent de couleurs ? Et comment ces géants qui paraissent immobiles - mais ce n'est là qu'une illusion… envoient leur sève à des dizaines de mètres de hauteur en silence? 
Vouloir prédire le temps, c'est souvent oublier de prendre le temps .
Le ciel rouge du soir qui laisse bon espoir comme le murmurait l'ancien… L'expérience nous dit que ce sont les rayons rasants du soleil qui traversent l'atmosphère et frappent les nuages qui se déplacent lentement vers l'est.
À les considérer, nous pouvons rajouter, et c'est là-bas que nous attend un nouveau matin… Peut-être…
Fins sont les nuages blancs qui laissent passer la clarté, mais déjà ils s'épaississent, masses grises et noires isolant le sol à la manière d'une couverture et gardant la terre chaude. La basse pression est comme un vieux pneu qui se dégonfle, l'air se fait rare et l'humidité domine. Voilà la pluie…
Le mauvais temps arrive par l'ouest (la preuve puisque Donald continue ses fredaines…)
Ainsi, nous sommes à la fois AU cœur du monde et LE coeur du monde. C'est un immense privilège qui impose une immense responsabilité. 
Restez curieux des mécanismes complexes de la prodigieuse machine Gaza. Il reste encore tant de choses à découvrir. Mais ça c'est encore une autre histoire…
😉
#Nature #Gaia #Meteorologie 

mardi 7 juillet 2026

Petit Matin.

 





Petit Matin.



Derrière l’école de voile, la mer gronde  dans le vent frais du début de l’aube.

C’est une brise parfumée des senteurs de l’automne, elle s’engouffre dans les rues du bourg, chargée des effluves d’une marée qui monte  à l’assaut des dunes fauves et pâles, remparts millénaires d’une sentinelle éteinte ou assoupie…

La demie de sept heures approche : Au loin, de l’autre côté de l’eau, sous la danse effrénée des nuages d’altitude, une lueur rose commence à monter.

Un jour  de plus. Les jours qui fuient vers l’horizon, les nuits ponctuées par le halo du phare qui  veille sur le travail des hommes.

 Le temps qui incline sa voile vers un continent dont il n’a plus peur. De quoi aurait-il peur ? Il a tracé sa route sans se retourner en s’efforçant de ne blesser personne. 

Il a vécu comme il a pu, comme la plupart des hommes sur cette terre, qui apprennent très tôt que le monde n’est pas une propriété  mais juste  un prêt à court terme…

Autrefois, il existait une autre vie. Des hommes pleins d’énergie et d’appétit. Aujourd’hui… Juste un rescapé de l’apparence, un naufragé sorti indemne de l’océan du clinquant et du superficiel… Une existence différente, plus âpre, plus sauvage et plus naturelle, se cache au creux des dunes

la paix n’existe que si elle est acceptée...


jeudi 10 octobre 2024

Plus rien des clameurs de la ville.*




Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders. Une dualité  nécessaire qui apporte une forme particulière d’équanimité. La vieille terre Celte  d’adoption et les Hauts des origines, ces terres de légendes car la légende est nécessaire pour façonner son  histoire.

Une alliance de  deux facettes :  Granit et Polders, un pied dans la mer d’Iroise et un pied dans la Mer du Nord. Les deux pôles d’une déambulation qui dure maintenant  depuis presque cinquante ans. Il faut  oublier d’être sérieux dès que  l’on a 17 ans, et  surtout ne jamais guérir de ses rêves d’enfant.

Un fil tendu sur le fil de l’existence pour se maintenir en équilibre entre Granit et Polders.

Le plus ancien texte évoquant la dualité du Yin-Yang a été découvert  dans la tombe de Mawangdui en 168 av J.-C, une  philosophie simple qui  peut se résumer à :

« Dans toute évaluation, il faut avoir connaissance de ces deux grandes entités que sont le yin et le yang.

Le ciel est yang, la terre yin, le printemps est yang, l'automne yin ; l'été est yang, l'hiver yin ; etc. ».


Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders :  La personnification  de mon Yin-Yang. 


Armorique et Flandre, les deux pôles d’un axe où - si l’on se donne la peine de chercher -  nous pouvons trouver l’expression du mythe, l’essence même de toute philosophie.


Il n’y a pas de choix à faire, à l’image de cette phrase de Victor Segalen :

“Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne choisis donc pas l'une ou l'autre, mais l'une et l'autre bien alternées.” 


Il suffit   simplement d’habiter poétiquement la terre.



 *  Le titre est tiré de "Un monde ouvert : Anthologie personnelle" - Maguwai  (Kenneth White)


©Le Chant du Nekker Éditions.2025

Au coeur du monde (3)

8,3 milliards de nombrilistes. Environ 100 km d’épaisseur… Répartie inégalement. C’est l’épaisseur de la couche atmosphérique qui nous ento...