Petit Matin.
Derrière l’école de voile, la mer gronde dans le vent frais du début de l’aube.
C’est une brise parfumée des senteurs de l’automne, elle s’engouffre dans les rues du bourg, chargée des effluves d’une marée qui monte à l’assaut des dunes fauves et pâles, remparts millénaires d’une sentinelle éteinte ou assoupie…
La demie de sept heures approche : Au loin, de l’autre côté de l’eau, sous la danse effrénée des nuages d’altitude, une lueur rose commence à monter.
Un jour de plus. Les jours qui fuient vers l’horizon, les nuits ponctuées par le halo du phare qui veille sur le travail des hommes.
Le temps qui incline sa voile vers un continent dont il n’a plus peur. De quoi aurait-il peur ? Il a tracé sa route sans se retourner en s’efforçant de ne blesser personne.
Il a vécu comme il a pu, comme la plupart des hommes sur cette terre, qui apprennent très tôt que le monde n’est pas une propriété mais juste un prêt à court terme…
Autrefois, il existait une autre vie. Des hommes pleins d’énergie et d’appétit. Aujourd’hui… Juste un rescapé de l’apparence, un naufragé sorti indemne de l’océan du clinquant et du superficiel… Une existence différente, plus âpre, plus sauvage et plus naturelle, se cache au creux des dunes
la paix n’existe que si elle est acceptée...
