mardi 7 juillet 2026

Petit Matin.

 





Petit Matin.



Derrière l’école de voile, la mer gronde  dans le vent frais du début de l’aube.

C’est une brise parfumée des senteurs de l’automne, elle s’engouffre dans les rues du bourg, chargée des effluves d’une marée qui monte  à l’assaut des dunes fauves et pâles, remparts millénaires d’une sentinelle éteinte ou assoupie…

La demie de sept heures approche : Au loin, de l’autre côté de l’eau, sous la danse effrénée des nuages d’altitude, une lueur rose commence à monter.

Un jour  de plus. Les jours qui fuient vers l’horizon, les nuits ponctuées par le halo du phare qui  veille sur le travail des hommes.

 Le temps qui incline sa voile vers un continent dont il n’a plus peur. De quoi aurait-il peur ? Il a tracé sa route sans se retourner en s’efforçant de ne blesser personne. 

Il a vécu comme il a pu, comme la plupart des hommes sur cette terre, qui apprennent très tôt que le monde n’est pas une propriété  mais juste  un prêt à court terme…

Autrefois, il existait une autre vie. Des hommes pleins d’énergie et d’appétit. Aujourd’hui… Juste un rescapé de l’apparence, un naufragé sorti indemne de l’océan du clinquant et du superficiel… Une existence différente, plus âpre, plus sauvage et plus naturelle, se cache au creux des dunes

la paix n’existe que si elle est acceptée...


jeudi 10 octobre 2024

Plus rien des clameurs de la ville.*




Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders. Une dualité  nécessaire qui apporte une forme particulière d’équanimité. La vieille terre Celte  d’adoption et les Hauts des origines, ces terres de légendes car la légende est nécessaire pour façonner son  histoire.

Une alliance de  deux facettes :  Granit et Polders, un pied dans la mer d’Iroise et un pied dans la Mer du Nord. Les deux pôles d’une déambulation qui dure maintenant  depuis presque cinquante ans. Il faut  oublier d’être sérieux dès que  l’on a 17 ans, et  surtout ne jamais guérir de ses rêves d’enfant.

Un fil tendu sur le fil de l’existence pour se maintenir en équilibre entre Granit et Polders.

Le plus ancien texte évoquant la dualité du Yin-Yang a été découvert  dans la tombe de Mawangdui en 168 av J.-C, une  philosophie simple qui  peut se résumer à :

« Dans toute évaluation, il faut avoir connaissance de ces deux grandes entités que sont le yin et le yang.

Le ciel est yang, la terre yin, le printemps est yang, l'automne yin ; l'été est yang, l'hiver yin ; etc. ».


Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders :  La personnification  de mon Yin-Yang. 


Armorique et Flandre, les deux pôles d’un axe où - si l’on se donne la peine de chercher -  nous pouvons trouver l’expression du mythe, l’essence même de toute philosophie.


Il n’y a pas de choix à faire, à l’image de cette phrase de Victor Segalen :

“Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne choisis donc pas l'une ou l'autre, mais l'une et l'autre bien alternées.” 


Il suffit   simplement d’habiter poétiquement la terre.



 *  Le titre est tiré de "Un monde ouvert : Anthologie personnelle" - Maguwai  (Kenneth White)


©Le Chant du Nekker Éditions.2025

Petit Matin.

  Petit Matin. Derrière l’école de voile, la mer gronde  dans le vent frais du début de l’aube. C’est une brise parfumée des sen...