Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders. Une dualité nécessaire qui apporte une forme particulière d’équanimité. La vieille terre Celte d’adoption et les Hauts des origines, ces terres de légendes car la légende est nécessaire pour façonner son histoire.
Une alliance de deux facettes : Granit et Polders, un pied dans la mer d’Iroise et un pied dans la Mer du Nord. Les deux pôles d’une déambulation qui dure maintenant depuis presque cinquante ans. Il faut oublier d’être sérieux dès que l’on a 17 ans, et surtout ne jamais guérir de ses rêves d’enfant.
Un fil tendu sur le fil de l’existence pour se maintenir en équilibre entre Granit et Polders.
Le plus ancien texte évoquant la dualité du Yin-Yang a été découvert dans la tombe de Mawangdui en 168 av J.-C, une philosophie simple qui peut se résumer à :
« Dans toute évaluation, il faut avoir connaissance de ces deux grandes entités que sont le yin et le yang.
Le ciel est yang, la terre yin, le printemps est yang, l'automne yin ; l'été est yang, l'hiver yin ; etc. ».
Dureté du granit battu par les flots, horizon brumeux des polders : La personnification de mon Yin-Yang.
Armorique et Flandre, les deux pôles d’un axe où - si l’on se donne la peine de chercher - nous pouvons trouver l’expression du mythe, l’essence même de toute philosophie.
Il n’y a pas de choix à faire, à l’image de cette phrase de Victor Segalen :
“Ville au bout de la route et route prolongeant la ville : ne choisis donc pas l'une ou l'autre, mais l'une et l'autre bien alternées.”
Il suffit simplement d’habiter poétiquement la terre.
* Le titre est tiré de "Un monde ouvert : Anthologie personnelle" - Maguwai (Kenneth White)
